Atmosphère tendue entre la bourse de Nairobi et l’autorité de régulation financière kényane (Capital Market Authority, CMA), qui reproche à la première de ne pas être plus ouverte à la concurrence. Principal point de contentieux : les droits d’entrée exorbitants exigés à tout nouvel intermédiaire de marché (courtier, banque d’investissement) qui souhaiteraient intégrer le Nairobi Stock Exchange (NSE).
Sous les termes actuels fixés par le NSE, une corporation de droit privée composée des 22 opérateurs de marché agréés qui en sont membres ainsi que du gouvernement, tout nouvel arrivant doit s’acquitter d’un droit d’entrée de 190 millions de shillings (2,21 millions de $) pour pouvoir proposer ses services d’intermédiation financière. Excessif selon la CMA, qui menace désormais le NSE de créer une seconde bourse si la question n’est pas réglée dans les plus brefs délais. Des sources familières du dossier indiquent que des pourparlers décisifs entre les deux institutions devraient se tenir dans le courant de cette semaine pour tenter de trouver un compromis. En cas d’accord, les droits d’admission pourraient être sensiblement réduits, tandis qu’un échec pourrait causer bien des remous sur la place financière kényane. Interrogé dimanche par le Daily Nation, Kung’u Gatabaki, le président du conseil d’administration de la CMA, affiche sa détermination à ce sujet en indiquant « …qu’en cas de refus du NSE, nous (le CMA) nous verrons contraint d’avoir une bourse parallèle ». Une éventualité que personne ne souhaite envisager, à commencer par les membres du NSE qui estiment que le CMA en fait beaucoup trop. Bob Karina, le PDG de la firme Faida Investment, et par ailleurs vice-président du NSE, fait remarquer pour sa part que la bourse de Nairobi est un marché mature qui à mis du temps à se construire pour devenir ce qu’il est, et qu’a ce titre il est raisonnable « d’y mettre le prix ». Un argument qui ne semble guère convaincre les acteurs de l’industrie, beaucoup reprochant à la corporation du NSE, sous couvert d’anonymat, de n’être « …qu’un club élitiste souhaitant conserver ses droits et privilèges ».