Ce mardi 19 novembre, une Conférence s’est tenue à l’hôtel Tiama sur les Smart Cities, «villes intelligentes». Initiée par Patricia Cressot, Responsable Afrique de Rosemont International, la conférence a été organisée en partenariat avec la société mauricienne Nova Terra, les sociétés ivoiriennes Ascoma et C2A. et Financial Afrik en partenaire média.
L’assemblée était nombreuse et prestigieuse, avec en particulier la présence de S.E Monsieur l’Ambassadeur de Tunisie en Côte d’Ivoire, Monsieur Labidi, le Directeur de Cabinet de la Commune du Plateau, Monsieur Diomande, du Maire Monsieur Ehouo, de Madame Rizk, l’attaché économique du Liban en Côte d’Ivoire, de l’Ambassade du Liban, Monsieur Kojok, du Directeur Adjoint de la Chambre de Commerce libanaise, Djelika Yeo Fondatrice du FIED (Forum International des Femmes entreprenantes et dynamiques).
L’exemple de Beauplan à Maurice
Le sujet couvert entre débats et interventions était : « L’Afrique Terre d’avenir des Smarts Cities ? » En premier lieu, les intervenants se sont inspirés du groupe mauricien Nova Terra, présentant ainsi son projet, Beauplan. Il s’agit d’une ville moderne et connectée créée au Nord de l’île Maurice pour désengorger la Capitale, fluidifier le trafic routier, offrir aux futurs résidents un lieu unique où ils pourront vivre, travailler et s’amuser dans un cadre de vie moderne et agréable. Avec 30% d’espaces verts, et les zones de vies, les centres commerciaux, les écoles et universités, le business center est accessible à pied. Beauplan présente un modèle de développement moderne et durable.
Le projet se veut aussi inclusif et socialement responsable en tissant des liens et en ouvrant ses services aux communes limitrophes. L’assistance a ainsi pu se rendre compte des contraintes urbanistiques et techniques d’un projet de smart city mais aussi des solutions potentiellement transposables en Afrique continentale. Dans un second temps, Patricia Cressot a introduit la notion de Smart city : Qu’est ce qu’on entend par Smart City ? Ville numérique, éco-city, éco-green, ville durable, ville connectée, smart building, smart home, safe city; Et Pourquoi s’intéresser à ces sujets en Afrique ?
Le continent compte 1,3 milliard d’habitants, comptera 2,5 en 2050 et ….4,4 milliards en 2100 selon l’ONU. L’Afrique n’a pas d’autre choix que de réinventer la ville du fait de sa contrainte démographique et une nécessité d’intégrer le bien-être du citoyen dans ses plans d’urbanisme, l’environnement et le digital. L’amélioration de la qualité de vie du citadin passera par les TIC appliquées aux infrastructures, aux réseaux (eaux, électriques, gaz, télécoms), aux routes et aux voitures intelligentes.
Le cas de Monaco
Les initiatives permettant cette amélioration quantifiable sont autant privées que publiques mais un cadre légal pourra donner une impulsion. « Prenons exemple sur Monaco et son objectif de la transition énergétique : dans la logique des dispositions du protocole de Kyoto, Monaco s’est fixée comme objectifs d’améliorer l’efficacité énergétique de 20 % et de consommer 20% d’énergie finale provenant de sources renouvelables, d’ici à 2020 », explique Patricia Cressot… Dans ce but, la mise en œuvre du Plan Énergie Climat comprend des actions techniques, réglementaires, financières et de sensibilisation. La bonne volonté de tous est indéniable et le «saut de gazelle » technologique est possible en Afrique, elle en est convaincue. Tout comme les TIC ont été précurseurs en adaptant des solutions à la réalité locale avec par exemple le Money banking montrant aux européens l’exemple.
De nombreux cas de smart Cities voient le jour en Afrique, que ce soit au Sénégal, en Égypte ou d’autres. Abidjan est en pleine réflexion sur ce sujet. Pour devenir smart City, la ville devra se réinventer, inciter les initiatives privées, informer et préparer une stratégie viable sur le long terme. Un panel de spécialistes – Damien Concé, Responsable juridique de Rosemont International, Joël Couve de Murville de Nova Terra et de Jean-Michel Lavoizard avec la société ivoirienne Aris Intelligence- ont pu débattre sur le concept de smart city, des enjeux politiques et techniques des données numériques, ainsi que des solutions technologiques aux problématiques africaines et particulièrement ivoiriennes. Puis, une discussion s’est engagée entre les panélistes et le public. Les représentants de la Mairie du Plateau ont pu évoquer des questions pratiques. Et l’ensemble des participants a continué à échanger autour d’un cocktail.
Selon Damien Concé répondant à la question «Pourquoi est ce que tout le monde parle des Smart cities? », ce sont des projets urbains qui sont capable de collecter les données numériques que génèrent différents capteurs, mais aussi celles que nous créons avec nos smartphones quand nous interagissons dans l’espace numérique, comme lorsque l’on utilise les réseaux sociaux, pour gagner en efficacité, éviter les gaspillages, réduire les temps de réaction, être en mesure de délivrer la juste quantité d’énergies, de fluides, de services, au bon endroit. A la 2eme question, « Quelles sont les conditions de réussite ? » , la réponse est claire.
En effet, il ne suffit pas de créer un cadre juridique et fiscal de faveur pour motiver la participation du secteur privé à ces politiques d’intérêt général. Certes, utiliser le régime des Zones Économiques Spéciales, accorder des exonérations fiscales aux promoteurs, exempter de droits de douanes les importations de matériels technologique et développer des Partenariats Public Privé sont des outils incontournables pour la mise en œuvre de projets de Smart cities. Le continent Africain a tous les atouts pour une transition « Smart » écologique, technologique, urbain. La Côte d’Ivoire rayonnant sur l’Afrique de l’ouest devra à juste titre donner le ton, et le bon.