Les garanties de financement des créanciers officiels ouvriront la voie à l’examen du programme sénégalais par le conseil d’administration du FMI. À Bangkok, Zeine Ould Zeidane, directeur du département Afrique de l’institution, décrit une procédure en plusieurs étapes et souligne les progrès des discussions, sans annoncer de date de résolution.
Le Sénégal n’a pas besoin d’avoir conclu tous ses accords individuels de traitement de la dette pour que son programme puisse être présenté au conseil d’administration du Fonds monétaire international. L’étape déterminante consiste à obtenir les garanties de financement des créanciers officiels, a expliqué Zeine Ould Zeidane en réponse au journaliste sénégalais Abdoulaye Cissé (Groupe TFM) lors d’une conférence de presse organisée à Bangkok, à l’occasion des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.
« Pour que le FMI puisse présenter le dossier au conseil d’administration, il faut disposer de garanties de financement concernant le traitement de la dette de la part des créanciers officiels — pas de tous les créanciers, mais des créanciers officiels », a précisé le directeur du département Afrique, interrogé sur l’avancement du dossier sénégalais.
La distinction est essentielle : ces garanties constituent une étape préalable à l’examen du programme, distincte des accords qui devront ensuite être négociés avec chaque créancier. « Il s’agit uniquement de garanties de financement. Il ne s’agit pas des accords de traitement avec les créanciers », a-t-il insisté.
Selon l’enchaînement présenté par le responsable du FMI, l’accord du comité des créanciers officiels du cadre commun sur la proposition sénégalaise permettrait de franchir cette étape. « Cela nous ouvrira la voie pour présenter le programme au conseil d’administration et le faire approuver. » Les négociations individuelles avec les créanciers constitueraient alors l’étape suivante.
Sur l’état des discussions, Zeine Ould Zeidane s’est montré positif. « Nous sommes parvenus à un accord au niveau des services », a-t-il rappelé, soulignant le travail du gouvernement pour faire avancer les réformes soutenues par le programme. Les autorités ont également recruté des conseillers financiers et exprimé leur souhait de bénéficier d’un traitement de la dette dans le cadre commun.
Le directeur du département Afrique a fait état d’une réunion tenue la veille dans le cadre de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine, la GSDR, en présence des principaux créanciers bilatéraux officiels du Sénégal et du ministre. « La discussion a été positive », a-t-il indiqué.
Le FMI mobilise également ses « bons offices », proposés, selon lui, « pour la première fois de manière structurée », afin de faciliter une résolution rapide du dossier. Une première rencontre a réuni créanciers officiels et privés.
« Les choses avancent dans la bonne direction », a déclaré Zeine Ould Zeidane. « Ils font de leur mieux. Nous faisons de notre mieux pour que les choses avancent aussi rapidement que possible. »
Pour accélérer la procédure, le Sénégal pourrait bénéficier du travail accompli au sein de la GSDR, notamment du schéma directeur du traitement de la dette et des modèles de protocoles d’accord avec les pays du G20. Le responsable du FMI n’a toutefois annoncé aucune échéance précise dans cet extrait : l’avancée du dossier reste liée aux prochaines étapes avec les créanciers officiels.

